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Grottes de Hotton
Robert est certainement celui qui d'entre-nous aura passé le plus d'heures sous terre en 1999. Le texte ci-dessous en témoigne. Extrait des Annonces de l'Ourthe, il a été rédigé par Louis Vieuxtemps qui nous a gentiment autorisé à reproduire son article.
Seul point noir de la visite, un trajet aller-retour identique et environ 180 marches d'escaliers à se farcir pour revoir le jour. Pour y remédier, un audacieux projet d'équipement est en train de se réaliser dans la caverne. Il s'agit d'annexer à l'ancien réseau touristique une partie importante, et particulièrement intéressante , du réseau sauvage réservé jusqu'à présent aux seuls spéléologues. La partie visitable va être ainsi pratiquement doublée, au prix évidemment de minutieux travaux d'équipement et d'aménagement, confiés à la firme S.B.O.R. de Sprimont; une firme qui en 14 ans d'activité dans la construction d'équipements touristiques a mené à bien quelques 546 chantiers, dont toute une série hors frontière (Italie, Portugal, France, Espagne, Allemagne, Suisse, Hollande). Avec entre entres, l'équipement de la grotte de Comblain-au-Pont, la carrière souterraine de Géromont, et l'installation d'équipements provisoires dans le célèbre Aven d'Orgnac et le gouffre géant de Cabrespine. Spéléologue à mes heures depuis de longues années, j'ai parcouru plus de 50 fois la cavité toute entière. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de découvrir à nouveau l'endroit, en compagnie de Robert Levêque, chef de chantier et directeur de la société S.B.O.R. Pour
moi, un véritable pèlerinage, mais aussi la découverte de l'ampleur des
travaux souterrains réalisés par mon guide d'un jour. Après avoir dévalé les 180 marches et les premiers décamètres de l'ancien réseau touristique, nous abordons le puits de 10 m dans lequel les touristes pouvaient seulement jeter un coup d'Å“il. Désormais, un escalier en colimaçon leur permettra, par ce puits, d'accéder aux profondeurs du réseau sauvage. Un peu plus bas, une petite centrale à béton permet d'alimenter les coffrages d'un futur escalier. Ici, le plafond a été un peu surélevé pour le confort des visiteurs. Seul un dynamitage particulièrement étudié pouvait permettre de garantir la totale conservation des splendides concrétions qui décorent les plafonds et ornent les parois de la cavité. La plus grande prudence était de rigueur ,le respect du décor d'une nécessité absolue .La firme S.B.O.R. se livra donc à toute une série de micro tirs, chacun de faible intensité, et après un soigneux 'emballage' de paille et de calfeutrage dont bénéficiait chaque fistuleuse, chaque stalactite. Plusieurs mètres cubes de pailles furent ici nécessaires. Mais le résultat est probant. Aucune casse ! Ce travail dans les concrétions, c'est 'de la dentelle' ! Si l'éclairage est généreux, aucune trace visible d'installation électrique. L'alimentation se fait par des câbles glissés dans des fourreaux encastrés dans le sous-sol. Pas de rainurages dans les parois, tout est resté 'nature'. A propos d'électricité, 1500 m de câbles électriques sont répartis sur le chantier. De plus, 400m de tuyaux d'arrosage amènent l'eau directement pompée à la rivière souterraine aux deux centrales à béton et aux foreuses au diamant. S'il a fallu amené là bétonnières et matériel à dos d'homme, ces mêmes centrales à béton ont englouti 30 tonnes de matériaux divers (sable, gravier) acheminées à la brouette. Il faut 11 minutes pour un aller-retour de brouette de gravier, et 30 tonnes, ça représente un fameux paquet de brouettes! De tels chiffres sont impressionnants sous terre! Impressionnantes aussi toutes ces structures métalliques qui permettent un accès aussi sécurisant qu'aisé à toutes les parties de la grotte. Escaliers, passerelles, parapets, ainsi que toute l'architecture pour protéger les concrétions ont nécessité des mesures très précises au cours de trois longs mois. Chaque pièce est 'personnalisée' en fonction de l'endroit où elle doit prendre place. Tous les arceaux, presque 'orthopédiquement ' fabriqués en atelier, sont donc différents l'un de l'autre et absolument pas interchangeables. C'est du 'sur mesure'. Les pièces sont soudées à l'arc puis passent à la galvanisation . Aucune n'a dû être refusée en profondeur; l'humidité ambiante propre au monde souterrain n'aurait d'ailleurs permis sous terre aucun travail parfait de découpe ou de soudure. Nous longeons maintenant la rivière souterraine, accrochés à une petite vire glaiseuse. Ici, une passerelle confortable va bientôt être opérationnelle et permettra pour la première fois aux touristes de découvrir le domaine des eaux folles. Solidement
assuré par Robert Levêque, je remonte aux échelles l'amoncellement de
gros blocs qui donne accès à l'impressionnante Galerie du Spéléo Club
de Belgique. Trente mètres au-dessus de nos têtes, un puissant
projecteur troue la nuit souterraine. Là-haut se terminait l'ancien
réseau touristique. D'ici, un escalier prochainement construit
permettra de rejoindre cet aérien balcon. Une structure métallique (une
passerelle et parapet déjà construits) surplombera le gouffre et
offrira et offrira au public une vue absolument vertigineuse sur
l'énorme vide de la grande galerie. Ce sera ensuite le parcours à
contre sens du réseau touristique actuellement exploité. Ainsi, de
gours festonnés en colonnes et décors concrétionnés, ce sera le retour
vers le nouvel ascenseur et le ciel de Famenne…
Voir le plan sur le site officiel des Grottes de Hotton Voir le site de V.Rémy consacré à l'hydrogéologie de Hotton Voir l'historique sur le site du Spéléo Club de Belgique
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